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Miss France : Angélique Angarni-Filopon, victime de harcèlement après son couronnement, présente à l’élection de Miss Guadeloupe 2025
L’année dernière, Angélique Angarni-Filopon est devenue Miss France 2025 sous les projecteurs de l’Arena Futuroscope à Chasseneuil-du-Poitou, dans la Vienne. Elle sera présente à l’élection de Miss Guadeloupe ce samedi 19 juillet 2025. Retour sur une victoire historique pour cette Martiniquaise de 34 ans, pourtant victime de harcèlement sexiste, raciste et âgiste.
Par Cécile Gaucher

« Cheveux courts et noire, elle a deux handicaps », lit-on sur TikTok suite au sacre de Miss Martinique 2024, Angélique Angarni-Filopon. L’hôtesse de l’air a succédé à Ève Gilles lors de la 95e édition de l’élection Miss France, non loin de Poitiers. Elle est la première Martiniquaise et la première trentenaire à remporter le prestigieux concours de beauté. Pourtant, elle n’échappe pas aux commentaires dénigrants.
« Peu importe la Miss qui est élue, il y a toujours des critiques. Malheureusement, il y en aura toujours », déplore Stéphanie Talata-Chanoine, déléguée du comité Miss Centre-Val de Loire qui était représenté l’année dernière par la jeune Tiffanny Haie, d’origine guadeloupéenne. Un sentiment partagé par Laura Pereira Diogo, cofondatrice de l’association féministe #StopFisha, qui fait remarquer que « la nouvelle Miss se prend une vague de haine en ligne chaque année ».
Une Miss « périmée » après 30 ans
Depuis sa création en 1920, les règles de participation de Miss France se sont assouplies face aux critiques. Désormais, les femmes transgenres, mariées, mères ou tatouées peuvent concourir. Jusqu’en 2022, Angélique Angarni-Filopon n’aurait pas pu être sacrée, la limite d’âge pour participer étant de 24 ans. Avec ses dix années de plus, la nouvelle Miss France n’a pas manqué de faire réagir sur les réseaux sociaux. Face à ses détracteurs, Angélique répond qu’elle est « là pour représenter toutes les femmes à qui on a dit un jour que c’était trop tard ».
Mais la violence en ligne qu’elle subit ne s’arrête pas là. Sur TikTok, les internautes se sont servis d’une autre candidate pour la dénigrer. « Je me mets à la place de la petite jeune du Nord-Pas-de Calais qui se voit voler sa victoire par une nana de 34 ans sans cheveux d’1 m 80 au double menton à cause du wokisme », peut-on lire. Alors que l’hôtesse de l’air s’éloigne des standards de Miss France, cette élection est décrite comme n’étant plus « un concours de beauté mais un concours politique d’extrême gauche » sur X.
Une compétition sexiste et violente
Chaque année, les candidates subissent la misogynie du public. Critiquer Miss France est devenu « le nouveau rendez-vous des Français », selon Laura Pereira Diogo. L’année précédente, c’était déjà Ève Gilles et sa coupe courte qui révoltaient les téléspectateurs. « Elles ne méritent pas ça, dénonce Hélène Deslandes, une ancienne militante de #NousToutes dans la Vienne. Ces femmes, je les trouve merveilleuses. »
Mais d’autres titulaires de la couronne comme Flora Coquerel, Indira Ampiot, Sonia Rolland, Clémence Botino ou encore Alicia Aylies ont également été victimes de racisme. Une violence à laquelle elles ne sont généralement pas habituées. La cofondatrice de #StopFisha explique « qu’elles en sont d’autant plus la cible par leur visibilité ».
Après 95 ans d’une compétition qui se veut de plus en plus ouverte, nombreuses sont les associations féministes telles que #NousToutes qui continuent de porter la lutte contre ce « défilé de bétail sexiste qu’il faut arrêter d’urgence ». Le 12 décembre 2024, l’équivalent néerlandais du concours a tiré sa révérence. Et sa dernière Miss a rendu la couronne.